Présentation
![]() par Édouard Detaille (1847-1912) |
La base documentaire proposée ici restitue le sort d'une partie des conscrits du département de l'Indre incorporés durant la période du Consulat et de l'Empire. Elle ne prétend nullement à l'exhaustivité : sur les quelque 15000 hommes partis de l’Indre pour les armées de l'an VII à 1814, ne sont en fait recensées ici que les destinées de 1961 individus. Cet écart s'explique pour une part par des raisons techniques : n'ont pu être suivis matériellement ni les hommes dont la destination n'était pas précisée (envoyés vers une ville de dépôt ou une armée sans plus de détail), ni ceux affectés individuellement ou en trop petit nombre dans des unités dont la consultation des registres matricules régimentaires aurait demandé un travail aussi considérable que lent, et fort peu efficace en termes de rendement. La lourdeur des relevés nécessaires a par ailleurs exclu un certain nombre d’unités ayant bénéficié d’incorporations massives : a ainsi été volontairement laissé de côté le cas particulier du 20ème régiment d'infanterie de ligne, dont le recrutement reposa en grande partie pendant des années sur le département de l'Indre et qui a prélevé à lui seul 1080 hommes sur la ressource mobilisable. Les registres correspondants sont à la disposition d’un bénédictin motivé à Vincennes... Pour le même motif, n'ont pratiquement pas non plus été prises en compte les levées de masse qui suppléent aux saignées des armées sur les différents fronts à partir de 1810. 24 des listes qui ont permis la constitution de cette base ont déjà fait l’objet d’une publication par les soins de la SGBB, il y a plusieurs années. Depuis cette époque, 15 relevés inédits s’y sont ajoutés (dont la moitié concernent la Garde Impériale). Le caractère non systématique de ces travaux de transcription, échelonnés sur une quinzaine d’années, est responsable de certaines variations dans le relevé des informations proposées. Toutefois, celles-ci sont également tributaires de la qualité variable des sources, et en particulier du suivi plus ou moins scrupuleux de la ressource humaine par les administrations régimentaires. |
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Malgré son caractère réducteur, on peut cependant considérer que le tableau d’ensemble proposé offre une assez large perspective des principales unités d'incorporation (d'une dizaine à plus de 350 hommes) des recrues de l'Indre. L'infanterie est massivement l'arme de destination des jeunes berrichons plus robustes qu'instruits. Mais une minorité non négligeable de 16 % de conscrits correspondant à ses critères physiques et familiers des chevaux est orientée vers la cavalerie, tandis que 7 % garçons reconnus aptes à ce service sont affectés dans les armes savantes de l’artillerie et du train. Une logique différente dictait le recrutement des troupes d’élite de la Garde Impériale, qui se faisait par prélèvement des sujets les plus méritants des régiments de l’armée. Ce critère de mérite et d’émulation sélectionnait des combattants au profil affûté : nombre de ces troupiers expérimentés ont une ancienneté de carrière remontant aux guerres de la Révolution. La rigueur de ce filtrage a fait que seuls 147 bas- berrichons ont été admis à intégrer les unités étudiées, qui ont fait l’objet d’un dépouillement systématique attentif. |
![]() par Édouard Detaille (1847-1912) |
Dernier point à souligner dans ce panorama : la crudité de l'aperçu qu'il jette sur la rançon de la gloire impériale. Les terribles conditions de la vie militaire prélèvent un tribut considérable de jeunes existences fauchées prématurément par la maladie, les privations ou l'épuisement. Par comparaison, à l'exception de l'épouvantable campagne de Russie, les opérations militaires proprement dites apparaissent incomparablement moins meurtrières L’efficacité limitée des armes utilisées au combat fait de l’épreuve du feu une perspective moins redoutable que certaines marches forcées ! En définitive, seule une minorité de combattants berrichons revinrent dans leurs foyers, souvent diminués physiquement par les épreuves subies, et encore plus rares semblent ceux qui accomplirent une carrière militaire assez gratifiante pour leur assurer une véritable promotion sociale. Du faisceau de tant de souffrances subies dans l'ombre de l'épopée napoléonienne jaillit, au bout du compte, l'image tourmentée d'aigles ensanglantées.
Sources
Les cotes des registres régimentaires consultés pour la réalisation de ces relevés sont systématiquement indiquées au sein de chaque notice. Ils sont conservés au département Terre du Service Historique de la Défense (SHD) au fort de Vincennes, où ils sont consultables par le public. Outre les informations abrégées transcrites ici, les volumes originaux contiennent généralement la filiation et le signalement de chaque individu. Par ailleurs, lorsqu’une notice mentionne la concession d’une pension de retraite, cela implique l’existence d’un dossier individuel au nom du bénéficiaire, déposé dans le même service d’archives. Pour en savoir plus sur le SHD, consultez le site officiel
.Les unités ayant fait l’objet des relevés présentés dans cette base sont les suivantes :
Utilisation de la base :
L’accès aux données s’effectue selon une logique de liens alphabétiques patronymiques. De ce fait, leur consultation doit tenir compte des variations ou déformations orthographiques subies par les noms de famille en fonction de la phonétique (par exemple : Audebert/Haudebert, Auprêtre/Hauprette, Brunaud/Bruneau/Brunot, Pacaud/Pascault/Pacot, Poternau/Poitrenaud). Par ailleurs, les mutations d’une unité à l’autre ont pu avoir pour effet la saisie multiple d’un même individu à partir de sources différentes. Les militaires de la Garde Impériale sont plus particulièrement susceptibles d’être ainsi en situation de doublons (par exemple : Charles Aubier, Louis-Etienne Couté, ou Silvain Decluseau/Ducluseau).
Cette base est perfectible : des erreurs de saisie, des lacunes ou des erreurs de sources peuvent corrompre ou appauvrir le contenu de certaines des notices proposées. Corrections et éléments complémentaires (filiation, destinée civile et militaire, actes de naissance, mariage ou décès) portant sur tel ou tel personnage enregistré sont donc les bienvenus.
Enfin, cette base est évolutive. Elle accueillera avec gratitude toute contribution inédite permettant d’enrichir la série des grognards de l’Indre inventoriés, sous réserve que les informations présentées soient suffisamment précises et de source militaire identifiable. Dans ce cadre, toutes les bonnes volontés prêtes à se dévouer à la chasse au grognard berrichon dans les registres du SHD seront accueillies à bras ouverts ! En revanche, redondance et concurrence n’entrant pas dans son propos, elle n’a pas vocation à prendre en compte les informations pouvant provenir du site des Médaillés de Sainte-Hélène, où les vétérans de l’Indre vivants en 1857 sont répertoriés à partir de sources civiles : http://stehelene.geneactes.org/
Les erreurs ou insuffisances de transcription des données initiales sont dues à Guillaume LÉVÊQUE. Le mérite de la mise en onde, des corrections, des localisations géographiques et de la maintenance de la base revient à son webmestre Patrick TEXIER.
Pour toute mise à jour, écrivez à grognards@genindre.org